L'étude eco-commune

Dans la lignée du projet Earth Challenger, cette étude et ces travaux réalisés par les experts de Passion Investments et financée par la FNE vise à soutenir la protection de l'environnement au niveau le plus pertinent: les communautés territoriales. Elle se veut pratique et utile directement en portant sur la mesure de l'efficacité de cette protection de l'environnement.
Réalisée pendant 12 mois par des recherches académiques et par des études de terrain dans de nombreuses communes, ses avancées sont publiées régulièrement sur ce site

Indicateur Taux de valorisation par catégorie de déchet

Quantité de déchets collectés dans les déchetteries en Bourgogne et taux de valorisation par catégorie de déchets






Les 196 déchetteries en fonctionnement fin 2005 ont collecté près de 283 000 tonnes de déchets. Ces tonnages ont été multipliés par 1,8 entre 1999 et 2005 sur l'ensemble de la Bourgogne, par 2 en Côte d'Or, par 2,9 dans la Nièvre, par 1,5 en Saône-et-Loire et par 2,3 dans l'Yonne.

Les déchets collectés sont constitués pour plus du tiers de bois et déchets verts, pour également plus du tiers d’encombrants et pour plus du quart de déblais et gravats. Les quantités collectées de ces trois catégories de déchets sont en hausse, alors que celles de verre diminuent et celles de papiers-cartons stagnent, en relation avec le développement des collectes sélectives de ces matériaux.

Les quantités de déchets collectés par les déchetteries représentent en 2004 environ 134 kg par habitant desservi (hors gravats), contre 112 kg en 1999. La quantité collectée varie de façon importante selon les départements. Une déchetterie de l’Yonne a collecté en moyenne 78 kg de déchets par habitant desservi, une de la Côte-d’Or 115 kg, une de la Nièvre 142 kg, et une de Saône-et-Loire 177 kg.

La totalité des tonnages collectés ne sont pas ensuite tous valorisés. Le taux moyen de valorisation a toutefois augmenté : il est passé de 51% (hors gravats) en 1999 à 61% en 2001 ; il a depuis tendance à stagner (61% en 2005). Cette amélioration du taux de valorisation s’explique principalement par une meilleure valorisation du bois et des déchets verts : le taux moyen de valorisation de ces déchets est passé de 64% en 1999 à 94% en 2005. En revanche, les objets encombrants non métalliques (le « tout-venant ») qui représentent plus du quart des quantités collectées ne font l’objet d’aucune valorisation.

Définitions

Une déchetterie est un espace clôturé, aménagé et gardienné, qui permet aux particuliers, et parfois aux professionnels, de déposer des déchets de natures variées : encombrants, ferraille, bois, verre, plastiques, papiers-cartons, huiles, déchets verts et fermentescibles, déchets ménagers spéciaux… Cet indicateur prend en compte l’ensemble des déchets collectés par les déchetteries, sauf les déchets ménagers spéciaux (piles, batteries, huiles de vidange, peintures).

Chaque type de déchets est déposé dans une benne différente. La déchetterie joue un rôle d’orientation vers les filières de valorisation ou d’élimination appropriées. Les déchets peuvent suivre quatre types de destination :

• Valorisation matière (recyclage, compostage),

• Incinération avec récupération d’énergie,

• Elimination (incinération sans récupération d’énergie, mise en décharge),

• Filière illégale (décharges brutes, brûlage…)

Le taux de valorisation de chaque catégorie de déchets est déterminé par le rapport entre les quantités qui suivent des filières de valorisation matière et les quantités collectées.



Valorisation des boues de stations d’épuration en Bourgogne





En 2005, 68% des boues de stations d’épuration produites en Bourgogne ont fait l’objet d’une valorisation agronomique. 5% des boues ont été stockées et 24% incinérées. Le reste a été stocké dans des conditions non conformes, ou a été pris en charge par des vidangeurs ou encore a suivi une destination inconnue.

La valorisation agronomique est la plus développée dans la Nièvre (97% des boues), avec notamment une part élevée de boues compostées (37%). L’épandage agricole représente une part plus importante en Saône-et-Loire (85% des boues) et dans l’Yonne (76%). L’incinération concerne près de la moitié des boues produites en Côte-d’Or.

Les quantités de boues épandues en Bourgogne ont diminué de près d’un quart en 1998 par rapport à 1997, suite aux prises de position de la profession agricole. Depuis 2002, elles ont de nouveau atteint le niveau des quantités épandues en 1997. Le nombre d’agriculteurs acceptant des boues n'a pas cessé de diminuer entre 1997 et 2001 : il est passé de 300 en 1997 à 247 en 2001. Il a de nouveau augmenté à partir de 2002 sans toutefois atteindre le niveau de 1997 (288 agriculteurs en 2005).

En 2005, l’épandage de boues d’épuration produites en Bourgogne a concerné 4 170 hectares, ce qui représente moins de 2% de la superficie agricole régionale.

Informations complémentaires

Le compostage des boues d’épuration se développe en France. La plate-forme de compostage située à Champvert dans la Nièvre est la plus importante de France et la seule autorisée à recevoir des boues provenant de toute la France. Elle reçoit de l’ordre de 15 000 tonnes de boues par an, dont environ la moitié en provenance de stations de la Nièvre. Le compost produit est utilisé par des agriculteurs, des pépiniéristes, des collectivités et des particuliers.

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Définitions

Cet indicateur permet le suivi de la part des boues produites par les stations d’épuration de Bourgogne qui font l’objet d’une valorisation agronomique. Outre les boues épandues en agriculture, il prend en compte également celles faisant l’objet d’une valorisation agronomique dans d’autres domaines, après compostage par exemple.

Le recyclage des boues en agriculture ayant fait l’objet de nombreux débats ces dernières années, cet indicateur ne permet plus d’identifier de façon fiable dans tous les départements la part des boues valorisées en agriculture de façon organisée, c’est-à-dire après étude préalable à l’épandage et avec un suivi agronomique. Cet indicateur comptabilise donc l’ensemble des boues faisant l’objet d’une valorisation agronomique, qu’elle soit ou non organisée.

Indicateur Nombre de déchetteries par habitants

Nombre de déchetteries en Bourgogne et population desservie






La première déchèterie mise en place en Bourgogne date de 1977 à Is-sur-Tille. Leur nombre ne s’est toutefois développé de façon importante que depuis 15 ans : il est passé de 4 en 1989 à 196 fin 2005. La Côte-d’Or en compte 70, la Nièvre 23, la Saône-et-Loire 70 et l’Yonne 33. Les objectifs fixés par les plans départementaux d’élimination des déchets ménagers et assimilés sont : au moins 60 déchèteries en Côte-d’Or, 25 dans la Nièvre, 70 en Saône-et-Loire et 35 dans l’Yonne. Ils sont donc atteints en Côte-d’Or et en Saône-et-Loire (si l’on prend en compte les 4 déchèteries mobiles).

Fin 2005, 93% des communes disposent d’une déchèterie sur leur territoire ou appartient à un groupement intercommunal desservi par une déchèterie. Ces communes regroupent 1 539 000 habitants, soit 96% de la population bourguignonne. Ce taux de desserte de la population est de 99% en Côte d'Or, dans la Nièvre et en Saône-et-Loire, et de 83% dans l'Yonne.

Une déchèterie dessert en moyenne 7 850 habitants sur une superficie de 14 860 ha mais avec des différences d’un département à l’autre : le nombre d’habitants desservis mais surtout la superficie couverte sont plus élevés dans la Nièvre (9 740 habitants dans la Nièvre sur une superficie de 29 330 ha), et dans une moindre mesure dans l’Yonne (8 370 habitants pour une superficie de 17 480 ha).

Définitions



Une déchetterie est un espace clôturé, aménagé et gardienné, qui permet aux particuliers, et parfois aux professionnels, de venir déposer des déchets de natures variées : encombrants, ferraille, bois, verre, plastiques, papiers-cartons, huiles, déchets verts et fermentescibles, déchets ménagers spéciaux… Chaque type de déchets est déposé dans une benne différente. La déchetterie joue un rôle d’orientation vers les filières de valorisation ou d’élimination appropriées.

L’indicateur est représenté sous forme cartographique localisant les déchèteries sur le territoire bourguignon, ainsi que la population des collectivités adhérentes à chaque déchèterie.

Indicateur Volume de déchets par habitant

Ordures ménagères collectées par habitant




Ce sont en moyenne 382 kg d’ordures ménagères (et déchets des artisans, commerçants, professions libérales et services publics collectés avec) qui ont été collectées par Bourguignon en 2005, contre 385 kg en 2004. Selon l’ADEME la production annuelle d’ordures ménagères de chaque Français a doublé en 40 ans. Depuis 2002, on constate toutefois un léger recul de la production d’ordures ménagères par habitant.

Dans les départements bourguignons, le ratio moyen est supérieur dans l’Yonne à la moyenne régionale, avec 432 kg d’ordures ménagères collectées par habitant. Ce résultat s’explique notamment par un réseau de déchetteries moins dense et plus récent que dans les autres départements bourguignons. Des déchets qui auraient pu être orientés en déchetteries ont ainsi été pris en charge par la collecte ordinaire d’ordures ménagères. A l’inverse, le ratio est inférieur en Saône-et-loire à la moyenne régionale (354 kg collectés / habitant) en raison d’une part importante des déchets collectés par un réseau dense de déchèteries.

La circulaire du 25 avril 2007 concernant les Plans de gestion des déchets ménagers fixe un objectif : réduire de 30% en 10 ans la quantité par Français d’ordures ménagères enfouies ou incinérées chaque année . Cela représenterait 200 kg par habitant en 2017, avec un objectif intermédiaire de 250 kg en 2012. En 2005, ce sont en moyenne 287kg d’ordures ménagères par Bourguignon qui ont été stockées ou incinérées.

Définitions

Avec l’évolution des modes de vie et des habitudes alimentaires, la production de déchets ménagers par Français a doublé en 40 ans.

Cet indicateur détermine la quantité d’ordures ménagères collectées en moyenne par Bourguignon. Sont compris dans les ordures ménagères les déchets des artisans, commerçants, professions libérales et services publics collectés avec.

Indicateur Destination des déchets / traitements

Destinations des déchets gérés par les collectivités






34% des déchets gérés par les collectivités bourguignonnes (hors déblais et gravats) ont été valorisés en 2005. 20% ont fait l’objet d’un recyclage matière : cela concerne principalement les emballages et les journaux-magazines collectés sélectivement, ainsi qu’une partie des encombrants acceptés en déchetteries. 14% ont fait l’objet d’une valorisation organique : il s’agit principalement de déchets verts collectés en déchetteries et compostés.

Pour les seules ordures ménagères (et les déchets des artisans, commerçants, professions libérales et services publics collectés avec), le recyclage matière concerne 22% des tonnages collectés et la valorisation organique 3%. Au total, 91 kg d’ordures ménagères sont ainsi 5valorisées par Bourguignon, tandis que 287 kg sont stockés ou incinérés.

Le taux de valorisation des déchets gérés par les collectivités varie d’un département à l’autre : 22% dans l’Yonne, 33% dans la Côte-d’Or ,37% dans la Nièvre et 40% dans la Saône-et-Loire. Ce taux de valorisation évalué en 2005 apparaît éloigné des objectifs des plans départementaux pour l’Yonne, pour la Nièvre et pour la Côte-d’Or.

Définitions

La loi du 15 juillet 1975 relative à l'élimination des déchets rend les communes responsables de l'élimination des déchets des ménages et des autres déchets qu’elles peuvent, « eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières ». Ces dernières relèvent de l’appréciation de la collectivité, qui peut ainsi définir comme elle l’entend la façon dont elle étend ou non son service aux déchets qui ne proviennent pas des ménages

Cet indicateur concerne ainsi les déchets qui sont de la responsabilité des communes - c’est-à-dire les ordures ménagères, les déchets verts des particuliers et des espaces publics, les déchets ménagers spéciaux, les encombrants, les boues de stations d'épuration urbaines -, mais aussi des déchets en provenance de professionnels collectés par les mêmes services et installations que les déchets de la responsabilité des collectivités.

Cet indicateur présente, à l’échelle du périmètre administratif de chaque département, les destinations de ces déchets :

• Valorisation matière (filières de recyclage matière)

• Valorisation organique (compostage, valorisation agronomique des boues d’épuration)

• Stockage

• Incinération

En raison de leur caractère très pondéreux et de la difficulté à évaluer leur valorisation effective, les déblais et gravats ne sont pas pris en compte dans le calcul du taux de valorisation mais font l’objet d’une présentation distincte.

La destination de ces déchets considérée ici correspond à leur destination finale, c'est-à-dire que :

- les quantités indiquées dans les filières de recyclage matière et biologique correspondent aux quantités de déchets sortants de ces installations ; les refus de tri et de compostage sont ôtés.

- les quantités indiquées en stockage ou en incinération s'entendent y compris les refus de tri ou de compostage mis en définitive en décharge ou incinérés

- les quantités recyclées comprennent les métaux récupérés sur mâchefers ou compost.

- les quantités indiquées en stockage s'entendent hors mâchefers

Cet indicateur permet de suivre la part valorisée des déchets gérés par les collectivités au regard des objectifs des plans départementaux d’élimination des déchets ménagers et assimilés.

Indicateur Volume de déchets collectés par les communes

Déchets collectés par les installations et services gérés par les collectivités




Hormis les déblais et gravats, ce sont plus de 850 000 tonnes de déchets qui ont été collectés en 2005 par les services et installations gérés par les collectivités bourguignonnes. Les ordures ménagères – y compris les déchets des artisans, commerçants, professions libérales et services publics collectés avec - en représentent un peu moins des trois quarts.

77 000 tonnes de déblais et gravats ont été collectés en déchetteries en 2005. Ils proviennent à la fois des ménages et des professionnels. Ce sont ainsi au total plus de 930 000 tonnes de déchets qui ont été pris en charge par des installations ou des services gérés par les collectivités.

La collecte ordinaire des ordures ménagères en mélange reste encore le mode majoritaire de collecte des déchets ménagers et assimilés dans l’ensemble des départements bourguignons. Sa part tend toutefois à diminuer : de 69% en 2001, elle est passée à 56% en 2005. Les collectes sélectives collectent en moyenne en Bourgogne 18% des déchets ménagers et assimilés, les déchetteries 26%. Ces dernières constituent en Saône-et-Loire un outil de collecte plus développé que dans les autres départements : elles y reçoivent 35% des déchets collectés.

Définitions

La loi du 15 juillet 1975 relative à l'élimination des déchets rend les communes responsables de l'élimination des déchets des ménages et des autres déchets qu’elles peuvent, « eu égard à leurs caractéristiques et aux quantités produites, collecter et traiter sans sujétions techniques particulières ». Ces dernières relèvent de l’appréciation de la collectivité, qui peut ainsi définir comme elle l’entend la façon dont elle étend ou non son service aux déchets qui ne proviennent pas des ménages

Cet indicateur concerne ainsi les déchets qui sont de la responsabilité des communes - c’est-à-dire les ordures ménagères, les déchets verts des particuliers et des espaces publics, les déchets ménagers spéciaux, les encombrants, les boues de stations d'épuration urbaines -, mais aussi des déchets en provenance de professionnels collectés par les mêmes services et installations que les déchets de la responsabilité des collectivités.

Cet indicateur présente, à l’échelle du périmètre administratif de chaque département, la répartition des déchets collectés selon les types de déchets suivants :

• Déchets toxiques des ménages (produits de bricolage, de jardinage, piles et accumulateurs, tubes fluorescents…)

• Boues des stations d'épuration urbaines (quantités exprimées en matières sèches)

• Déchets verts collectés en porte-à-porte ou en déchetteries

• Déchets encombrants (biens d’équipement ménagers usagés) collectés en porte-à-porte ou en déchetteries

• Ordures ménagères et déchets des artisans, commerçants, professions libérales et services publics collectés avec

Etant donné leur poids important, les déblais et gravats sont présentés à part.

Il présente également les déchets collectés selon l’outil de collecte utilisé :

• Collecte ordinaire des ordures ménagères,

• Déchetteries

• Collecte sélective d’emballages

• Collecte sélective de biodéchets et de déchets verts

• Autres collectes spécifiques (encombrants, déchets dangereux des ménages)

Indicateurs de déchets

Les indicateurs sur les déchets


Enjeux

Les déchets ménagers et assimilés (DMA) sont de mieux en mieux orientés en filières de valorisation par le biais des collectes sélectives (emballages, biodéchets) ou des déchèteries. Malgré cela, les quantités d’ordures ménagères non valorisées restent encore élevées et éloignées des objectifs nationaux.

La valorisation des déchets collectés sélectivement pourrait également être améliorée, notamment pour ceux reçus en déchèteries. En définitive, seul un tiers des DMA fait l’objet d’une valorisation, un taux qui a tendance à stagner ces dernières années. Le recyclage des DMA se développe moins vite que leur production n’augmente. En conséquence, les quantités de déchets à incinérer ou à enfouir ne diminuent pas. C’est pourquoi, outre le recyclage, la prévention des déchets est devenue une priorité, tant pour économiser des ressources naturelles épuisables, que pour limiter les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie des produits notamment en terme d’émission de gaz à effet de serre. La prévention permet également de limiter les impacts liés aux transports des déchets – qui, en Bourgogne, se font en totalité par la route – ainsi que les nuisances sanitaires et environnementales liées à l’incinération ou au stockage des déchets non recyclés. En outre, le développement de pratiques favorables à la prévention, telles que le réemploi ou la réparation de biens, peut être créateur d’activité locale.



Indicateurs

• Déchets collectés par les installations et services gérés par les collectivités

• Destinations des déchets gérés par les collectivités

• Ordures ménagères collectées par habitant

• Nombre de déchetteries en Bourgogne et population desservie

• Quantité de déchets collectés dans les déchetteries en Bourgogne et taux de valorisation par catégorie de déchets

• Déchetteries accueillant les déchets des professionnels

• Proportion de déchetteries accueillant des déchets ménagers spéciaux

• Production de boues par les stations d’épuration en Bourgogne

• Valorisation des boues de stations d’épuration en Bourgogne

• Population desservie par une collecte sélective de biodéchets

• Quantité de biodéchets collectés sélectivement

• Opérations de compostage individuel menées par les collectivités

• Population desservie par une collecte sélective d’emballages ménagers en Bourgogne

• Quantité de matériaux récupérés par collecte sélective d’emballages ménagers en Bourgogne

• Mode de financement des communes pour le service d'enlèvement des ordures ménagères

Emission de gaz à effet de serre

Emissions régionales de gaz à effet de serre


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Définitions



L’effet de serre est le processus de réchauffement de l’atmosphère par des gaz qui ont la propriété de piéger les radiations infrarouges réfléchies par la surface du globe. L’augmentation, liée aux activités humaines, des teneurs en gaz à effet de serre, provoque un réchauffement susceptible d’entraîner à l’échelle planétaire des déséquilibres majeurs.



Cet indicateur comptabilise les émissions sur le territoire bourguignon de gaz à effet de serre directs. Il prend en compte les 6 gaz retenus dans le protocole de Kyoto : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et les gaz fluorés (HFC, PFC, SF6). Compte tenu des difficultés méthodologiques et des incertitudes importantes, les cas de l’ozone et des gaz précurseurs et connexes de gaz à effet de serre ne sont pas pris en compte.

Les émissions régionales de gaz à effet de serre sont réparties par secteurs d’activité émetteurs : utilisation des énergies fossiles, procédés industriels, traitement des déchets, agriculture. Les sols agricoles et les forêts contribuent à la fois à stocker et à émettre du carbone. Ces stockages et ces émissions ne sont pas pris en compte dans le bilan régional des émissions. Les émissions sont estimées en unités physiques, par type de gaz (tonnes de CH4 ou de CO2 par exemple). Pour pouvoir être comparées et agrégées, elles sont ensuite converties en équivalent-CO2 en fonction de l’indice de pouvoir de réchauffement global propre à chacun des gaz étudiés.

Sources



Le dioxyde de carbone représente plus de 60% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire bourguignon ; il résulte principalement de la combustion des énergies fossiles. L’agriculture est la principale source des émissions de protoxyde d’azote et de méthane. Les gaz fluorés (PFC, HFC et SF6) ont notamment pour origine les procédés industriels, ainsi que l’utilisation des aérosols et de systèmes de climatisation et de réfrigération.

Les combustions d’énergies fossiles constituent la principale source des émissions de gaz à effet de serre : elles représentent près des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. Les transports sont responsables de la moitié des émissions de gaz à effet de serre résultant de la combustion des énergies fossiles, les secteurs résidentiel et tertiaire de plus du quart. Ce dernier résultat prend seulement en compte les quantités de pétrole, charbon et gaz directement consommées dans l’habitat bourguignon. Si l’on comptabilise également les émissions induites, en dehors du territoire bourguignon, par les consommations d’électricité en Bourgogne, la part des secteurs résidentiel et tertiaire dans les émissions de gaz à effet de serre liées aux énergies fossiles passe de 27% à 31%.

Les transports sont à l'origine de plus des deux tiers de l'augmentation des émissions de CO2 imputables à l'utilisation des énergies fossiles. La multiplication des échanges et l'accroissement de la mobilité qui ont marqué ces dernières décennies ont surtout profité aux transports routiers, qui sont les moins efficaces sur le plan énergétique. La route est à l'origine d'émissions importantes de gaz à effet de serre, et le secteur des transports est celui qui continuera vraisemblablement de connaître les augmentations de consommations d'énergies les plus importantes dans les prochaines décennies. Le scénario tendanciel établi à l'horizon 2030 par la Direction Générale de l'Energie et des Matières Premières estime que les émissions de CO2 liées aux transports augmenteront de 35% entre 2000 et 2030 si l'on s'en tient à l'application des politiques et mesures décidées jusqu'à la fin 2003.

Les émissions de CO2 de l'habitat et du secteur tertiaire sont également en augmentation : +23% entre 1990 et 2002. Les consommations de chauffage constituent la principale origine de ces émissions. Les avancées techniques et réglementaires ont permis de réduire les consommations unitaires, notamment dans les bâtiments neufs. Cette évolution a cependant été plus que compensée par l'augmentation des surfaces chauffées, mais également par les comportements des usagers, qui ont tendance à rechercher un plus grand confort.



L’agriculture est à l’origine de plus de trois quarts des émissions régionales de méthane (CH4) et de 85% des émissions régionales de protoxyde d’azote (N2O). L'élevage est responsable de 71% des émissions liées à l'agriculture, les cultures de 29%

Les sols et les milieux aquatiques produisent naturellement du protoxyde d’azote (N2O), et tout apport d’azote augmente ces émissions. Les épandages d’engrais minéraux et d’effluents d’élevage constituent les principaux apports directs d’azote dans les sols. Par ailleurs, certaines cultures –les légumineuses– fixent l'azote atmosphérique, dont une partie passe ensuite dans le sol. Enfin, la dégradation des résidus de culture libère également de l'azote. Les émissions de N2O sont renforcées par deux autres sources d’apport indirect d’azote dans les sols et l’eau : une partie de l’azote contenu dans les engrais rejoint les milieux aquatiques par lessivage et ruissellement, une autre partie se volatilise lors des épandage puis se dépose ultérieurement dans les sols et l’eau.

La digestion des animaux produit du méthane (CH4) ; elle est à l’origine de plus de la moitié des émissions liées à l’élevage. Les quantités produites varient en fonction des animaux, et de la nature et de la quantité des aliments qu’ils consomment. Chez les bovins, qui sont des ruminants, l’abondance de la population microbienne de l’appareil digestif et l’activité qui lui est nécessaire pour digérer les végétaux consommés produisent des quantités importantes de CH4 : jusqu’à 107 kg par animal et par an. L’élevage bovin en Bourgogne produit 95% des émissions régionales de CH4 d’origine digestive.

Les effluents d’élevage produisent du méthane (CH4) et du protoxyde d’azote (N2O), ils représentent près de la moitié des émissions liées à l’élevage. Les effluents d’élevage se composent principalement de matière organique. Lorsque cette matière se décompose en absence d’oxygène, certaines bactéries produisent du CH4. Ce phénomène intervient notamment pour les effluents des animaux élevés en milieu clos qui sont stockés en tas ou dans des bassins. C’est le cas pour les troupeaux laitiers, les porcins, les volailles. La décomposition des matières organiques contenues dans les déjections animales en absence d’oxygène produit également de l’azote sous forme de N2O.

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Enjeux

Un accroissement de l’effet de serre s’accompagne d’une augmentation moyenne des températures à la surface de la Terre, mais aussi d’une modification des climats, de leur répartition, et d’une accentuation des manifestations climatiques « extrêmes » (sécheresses et précipitations). Ces évolutions modifient les grands équilibres écologiques de la planète, avec des conséquences importantes pour les écosystèmes. Les régions du monde les plus affectées seront celles qui connaissent déjà des fragilités : zones tropicales et subtropicales, Moyen-Orient, Maghreb, états insulaires comme les Maldives ou les Bahamas, deltas très peuplés de la Chine, du Bangladesh ou de l’Inde. Les zones tempérées seront également touchées par les conséquences du changement climatique. En France, le relèvement du niveau de la mer pourrait entraîner la submersion et la salinisation du delta du Rhône (Camargue), des lagunes et des marais maritimes du Languedoc.

L’adoucissement des hivers favoriserait les espèces méditerranéennes, dont la répartition s’étendrait plus au nord. Les écosystèmes, forestiers notamment, seraient ainsi déséquilibrés. L’augmentation des teneurs en dioxyde de carbone stimulerait la photosynthèse, augmentant la productivité des cultures et des forêts. En revanche, des précipitations plus abondantes et des températures plus élevées favoriseraient les plantes adventices, le développement des maladies et des populations d’insectes ravageurs. Ces conditions favoriseraient également une augmentation des pathologies respiratoires et vasculaires, ainsi que des maladies transmises par les parasites et les moustiques ; inversement, les cas de pathologies liées au froid seraient moins nombreux. Le régime des pluies, marqué par l’accroissement des écarts entre été et hiver, affecterait les ressources en eaux, superficielles et souterraines, notamment en période d’étiage. En revanche, l’abondance des pluies hivernales provoquerait des crues plus fréquentes et plus importantes. Enfin, la diminution de l’enneigement, dans les Alpes et les Pyrénées, affecterait non seulement l’économie touristique de ces régions, mais aussi les débits d’étiage des cours d’eau qu’elles alimentent.

Les scientifiques s’accordent à dire que la tendance actuelle au réchauffement climatique ne peut être stoppée ou inversée, mais qu’il est nécessaire de la ralentir pour donner aux écosystèmes et aux sociétés humaines davantage de temps pour s’y adapter. Les climatologues prévoient en effet une augmentation des températures à la surface de la Terre comprise entre +1,5°C et +6°C à l'horizon 2100. Cette évolution est considérable, surtout si l'on se souvient qu'un écart de 4°C est comparable à celui qui a fait basculer le climat du dernier âge glaciaire à notre climat tempéré actuel.

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Stockage et émissions de carbone dans les sols agricoles et en forêt

• Les sols agricoles et forestiers jouent un double rôle vis à vis du carbone : ils contribuent à la fois à en stocker et en émettre. Par la photosynthèse, les plantes absorbent le CO2 de l’air et en utilisent le carbone pour constituer leurs tissus. Une partie de ce carbone se retrouvera dans le sol, à travers les résidus des végétaux et les racines, ainsi que les organismes morts et les populations microbiennes du sol. Les engrais organiques enrichissent également le sol en carbone. Inversement, certains changements d’occupation du sol ou certaines pratiques agricoles favorisent la minéralisation de la matière organique des sols et libèrent du CO2.

• En Bourgogne, les sols agricoles et forestiers constituent un stock estimé équivalent à 745 millions de tonnes de CO2.

• Les quantités de carbone stocké varient en fonction de l’occupation du sol. Ce sont les sols des prairies et des forêts qui stockent les quantités de carbone les plus importantes : de l’ordre de 70 tonnes par hectare. L’herbe des prairies ou les feuilles d’arbres se décomposent sur place et alimentent ainsi les sols en carbone. Les terres cultivées constituent des stocks plus faibles, de l’ordre de 60 tonnes de carbone par hectare. Leur labour stimule la minéralisation de la matière organique, libérant le carbone qu’elle contient. Les sols des vignes et des vergers représentent les stocks les plus faibles : ces cultures se caractérisent par des apports organiques très faibles, et parfois un désherbage généralisé.

Les stocks de carbone varient également en fonction des caractéristiques du sol ; les sols argileux ou à forte teneur en eau ont les capacités de stockage de carbone les plus élevées.

• En 2002, les changements dans l’utilisation des terres agricoles ont provoqué les émissions d’environ 1,3 millions de tonnes-équivalent-CO2.

Les émissions agricoles de CO2 de l’année 2002 résultent des changements d’usage des terres agricoles intervenus depuis les années 1980. Ces changements modifient progressivement le stock de carbone du sol. Le stock de carbone n’évolue pas immédiatement après un changement d’usage des terres, mais sur une période d’une vingtaine d’années.

• La végétation forestière stocke chaque année en Bourgogne de l’ordre de 4 millions de tonnes-équivalent-CO2, et les sols forestiers 0,5 millions.

Les forêts fixent ainsi davantage de carbone qu’elle n’en émettent : elles se comportent comme un « puits » de carbone. L’extension des surfaces boisées, la conversion des peuplements forestiers en futaie, la plantation d’essences plus productives sont les principales raisons de ce stockage.



Extrait du site web de Alterre Bourgogne